Catégorie : Aliments : Champignons
Champignons,
bot. : fungi, mycota,
de. : Pilze, Speisepilze,
en. : mushrooms, edible mushrooms,
it. : funghi,
es. : seta
Les champignons (bot. : fungi ou mycota) composent un règne propre au sein du domaine des Eucariotes*.
En biologie, les champignons sont considérés traditionnellement comme des végétaux, et leur étude,
la mycologie est l’une des branches de la botanique. Pourtant, on s’est rendu compte qu’ils
ressemblent plus à des animaux qu’à des plantes. Il existe aussi bien des champignons unicellulaires (les
levures,
par exemple),
que des champignons pluricellulaires (dont font partie tous les champignons comestibles). Leur nom
français courant vient du bas-latin campinolius, qui signifie petit produit des campagnes.
Classification des champignons
On connait aujourd’hui entre 70 000 et 100 000 sortes de champignons, que l’on peut classer selon différents principes,
en de nombreux ordres, familles et sous-familles. On a ainsi autrefois distingué les champignons supérieurs
(dont font partie tous les champignons comestibles) et les champignons inférieurs (toutes les autres sortes).
Le mot courant peut lui-aussi être utilisé de manière très extensive puisqu’il peut aussi bien désigner l’aliment que
l’agent microscopique parasitaire responsable de mycoses. On distingue également champignons comestibles et
champignons toxiques, ou encore champignons responsables des moisissures.
Le champignon comestible n’est en fait qu’une fructification visible temporaire de la plupart des champignons,
située au-dessus de la terre. Champignon suggère également une silhouette typique, comportant un pied
surmonté d’un chapeau. Parmi les champignons propres à la consommation, seules quelques sortes ont une forme
complètement différente, comme par exemple la
truffe.
Sous le chapeau de la plupart des champignons se trouvent de nombreuses petites membranes plus ou moins fines, qui
forment des lamelles (champignons à lamelles) ou des alvéoles (champignons à tubes).
C’est là que se forment les spores microscopiques dont la tâche (pareille à celle des graines des végétaux
supérieurs) est de contribuer à la reproduction et à la propagation des champignons. Le rôle du pied est de tenir le
chapeau aussi haut que possible pour que le vent puisse s’emparer des spores et les diffuser.
La partie non-visible, souterraine, de la plupart des champignons consiste en un réseau très dense de filaments,
le mycélium, partie végétative du champignon, qui peut s’étendre sur plusieurs mètres dans le sol et porter
plusieurs fructifications ou sporophores (autrefois appelés carpophores). Ces milliers de filaments
microscopiques ou hyphes jouent le même rôle que des racines, à savoir l’absorption et le transport des
substances nutritives
présentes dans le sol.
Les espèces de champignons
Les champignons se classent actuellement en 4 divisions principales, les
chytridiomycètes (bot. : Chytridiomycota), les
zygomycètes (bot. : Zygomycota), les
ascomycètes (bot. : Ascomycota) et les
basidiomycètes (bot. : Basidiomycota).
Les champignons comestibles ou champignons nobles appartiennent presque tous à la division des basidiomycètes.
En voici quelques espèces parmi les plus connues :
champignons de Paris (ou agarics),
cèpes
ou
giroles.
Plus rares sont ceux qui appartiennent à la division des ascomycètes, comme par exemple les
morilles.
Les moisissures (bot. : Myxomycota) sont des micro-organismes, qui étaient autrefois comptées au
nombre des champignons. Dans les classifications les plus récentes, elles sont classées parmi les
protistes. Certaines moisissures dites nobles sont cultivées industriellement.
Elles sont par exemple utilisées pour la fabrication du
fromage à pâte molle.
Les
levures,
organismes unicellulaires, sont utilisées lors de la fabrication de
pâtisseries, du
pain,
du
vin
et de la
bière.
Physiologie des champignons
Les champignons ont des caractéristiques qui les différencient des végétaux, et la principale est qu’ils ne contiennent pas de
chlorophylle,
qui leur permettrait de synthétiser eux-mêmes leur matière organique à partir de la lumière du soleil, de l’eau et du
dioxyde de carbone,
processus connu sous le nom de photosynthèse.
Les champignons sont hétérotrophes et leur métabolisme dépend donc des substances organiques d’autres organismes.
Les champignons qui se nourrissent de matière organique morte ou en décomposition sont appelés saprophytes.
Ils jouent un rôle très important dans la nature où ils participent au recyclage de la matière organique en
décomposant par exemple feuilles mortes, débris végétaux ou animaux et excréments. Les champignons qui vivent
aux dépends d’autres organismes vivants, que ce soient d'autres champignons, des algues, des plantes ou des
animaux sont appelés parasites. Beaucoup de champignons nuisibles du point de vue des agriculteurs
appartiennent à cette catégorie. Souvent pathogènes, ils provoquent des maladies et entraînent parfois la mort de leurs hôtes.
Les champignons comestibles appartiennent presque tous à un troisième groupe, celui des champignons symbiotiques.
La symbiose est la coexistence entre deux êtres vivants, qui profitent tout deux du processus et où aucun des
deux ne peut vivre sans l’autre. L’association symbiotique entre un champignon et les racines d’une plante (autotrophe)
est appelée mycorhize et a été observée et décrite pour la première fois en 1885 par le botaniste allemand
Albert Bernhard entre
la truffe
et certains arbres. On estime aujourd’hui que près de 80 % des plantes vivent en mycorhize avec des champignons
(même s’il ne s’agit pas toujours d’une symbiose bénéficiant aussi à l’hôte).
Analyse nutritionnelle des champignons
La valeur nutritive des champignons varie selon les espèces, même si certaines caractéristiques leur sont communes.
La plupart contiennent beaucoup d’eau (90 % en moyenne), entre 1,5 et 3 % de
protéines
ainsi qu’entre 3 et 5 % de
glycogènes,
grosses molécules assez proches de
l‘amidon, servant principalement à stocker les
glucides
chez les animaux, ce qui là-encore différencie les champignons des végétaux.
Les champignons contiennent également des
sels minéraux,
principalement le
potassium
et
l’acide phosphorique.
Les champignons contiennent des quantités relativement hautes de
vitamine D,
qui est rarement présente dans les légumes.
On peut y trouver aussi certaines
vitamines
du
groupe B.
La chair des champignons contient souvent de la
chitine
et de la
cellulose.
La chitine est par exemple la composante principale des carapaces, ailes ou exo-squelettes des insectes.
Chitine et cellulose sont difficiles à digérer ; ce sont cependant des
fibres alimentaires
nécessaires au bon fonctionnement intestinal.
Les champignons proposés dans le commerce
On peut parfois trouver dans le commerce des champignons sauvages, mais il s’agit la plupart du temps de
champignons de culture. Ils sont proposés soit frais, soit en
conserves,
mais aussi
surgelés
ou
séchés
(voir aussi l’article
champignons séchés).
Conservation des champignons
Les champignons frais s’abîment assez vite et doivent donc être consommés rapidement. Il ne faut pas les
envelopper d'un film plastique mais idéalement les mettre au réfrigérateur, étalés les uns à côté des
autres sur une plaque, éventuellement recouverts d’un torchon humide. Il est essentiel que l’air puisse
circuler. Dans ces conditions, les champignons se conserveront frais et intacts quelques jours sans moisissures ni vers.
Les champignons séchés doivent être conservés à l’abri de la lumière et de l‘humidité. La meilleure
manière est de les conditionner en sachet sous vide. Le
séchage
prolonge considérablement la durée de conservation des champignons. Il vaut mieux cependant, même
s’ils sont gardés dans des conditions idéales, consommer les champignons avant le début de la nouvelle
saison des champignons (soit maximum un an après leur cueillette).
Intoxication aux champignons
Des champignons conservés trop longtemps peuvent être dangereux pour celui qui les consomme. La
dégradation des protéines contenues dans les champignons peut conduire à la formation de substances
toxiques. La consommation de champignons gâtés peut provoquer une intoxication alimentaire grave.
Il n’existe pas de moyen fiable de reconnaître si un champignon est encore bon.
D’une manière générale, ni le goût, ni la couleur, ni l’odeur n’indiquent avec fiabilité si un
champignon ou un plat à base de champignons est comestible ou toxique. Contrairement à certaines
croyances et superstitions, une fourchette en argent ou encore un
oignon,
ne sauraient prévenir du danger en changeant de couleur.
Il ne sert à rien non plus de faire goûter les champignons par un animal pour évaluer leur toxicité,
car les animaux peuvent parfois consommer sans danger des produits néfastes à l’être humain.
Le seul moyen de reconnaître un champignon toxique est d’identifier précisément à quelle espèce
il appartient, sur la base de connaissances solides. En cas de doute, il vaut mieux renoncer à
consommer un champignon que risquer l’empoisonnement.
Une intoxication aux champignons se manifeste en général plusieurs heures après l’ingestion, par
des symptômes tels que crampes, nausées, attaques de panique, perte de conscience, délires...
Il est recommandé de faire appel à un médecin dès l’apparition des premiers symptômes.
Utilisation et préparation des champignons
Les champignons frais doivent être nettoyés soigneusement avant toute utilisation en cuisine.
On peut par exemple ôter la terre au moyen d’un pinceau. Il peut être également nécessaire de
recourir à un couteau pour gratter les traces les plus tenaces.
Il faut ensuite (selon l’espèce de champignon et l’utilisation qu’on veut en faire) couper le
pied ou au moins son extrémité. Ensuite, on continue selon la recette désirée, soit en utilisant
le champignon entier, soit en le coupant en morceaux de la taille voulue. La plupart des champignons ont un
goût
fin et aromatique, que l’on doit se garder de recouvrir par d’autres ingrédients plus forts,
lorsqu’on cuisine un plat dans la composition duquel entrent plusieurs aliments.
Lorsque l’on utilise des champignons séchés, il faut être prudent : en effet, certains champignons
séchés peuvent être contaminés par des
salmonelles.
Il est donc nécessaire de bien faire cuire les préparations culinaires contenant des champignons
séchés. Il faut aussi faire particulièrement attention à suivre les mêmes règles d’hygiène strictes
que l’on applique pour la préparation de viande de
volaille.
Usage thérapeutique des champignons
Les champignons occupent une place importante dans les médecines naturelles. Dans la pharmacopée
chinoise, par exemple, certaines espèces sont connues et utilisées depuis des siècles. Le
shiitake
(bot. : Lentinula edodes)
avait dès la dynastie Ming (1368-1644) la réputation d’être un élixir de vie, qui soigne les
rhumes et renforce les défences immunitaires.
Mais la médecine moderne aussi fait la part belle à certains champignons : l’antibiotique pénicilline
est extrait de la moisissure noble Penicillium notatum.
(*) Le terme Eukaryota ou eucaryote, du grec Karuon noyau,
précédé du préfixe ~eu bon, vrai, désigne tous les êtres vivants caractérisés
par des cellules possédant un noyau et un cytosquelette.
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